Annexes (2)
29 mars 2009
Il existe un phénomène étrange concernant Aléos. Bien que la trame de fond soit posée et inamovible, l’histoire change au fur et à mesure des années, de mes lectures, de l’évolution de ma personnalité. J’ai dans une boîte en carton de nombreuses versions écrites sur différents supports, des cahiers, des feuilles libres, des classeurs, à des stades plus ou moins avancés de l’écriture. Bien sûr, aucun de ces “projets” n’est autant abouti que celui publié sur ce blog, qui n’est lui-même pas aussi parfait que la prochaine réécriture que j’en ferai.
Il est d’ailleurs très difficile de savoir où s’arrêter dans la réécriture. Quand est-ce que l’on peut savoir que le texte, bien qu’imparfait, est suffisamment correct pour cesser de nous tourmenter, de nous torturer, de nous donner envie de le retravailler ? C’est un peu comme décider que l’on est un adulte accompli, qu’on est au zénith de sa vie et que plus rien ne peut nous faire progresser, c’est impossible.
Mais ce qui est encore plus complexe avec Aléos, c’est que c’est un double projet, à la fois écrit et dessiné. Le dessin pose le même problème, le style change au fur et à mesure des compétences acquises, de l’expérience de vie, des rencontres que l’on peut faire, etc. C’est en constante évolution, et Sorya a réalisé de nombreuses versions de nos personnages selon les époques de notre vie.
A cela on peut rajouter le fait que non seulement son style a changé, mais la personnalité des personnages a changé du fait de l’évolution de mon style, opposant à ma crayonneuse préférée une complexité supplémentaire.
Trêve de blablas, Aujourd’hui je vous livre une de ces versions, réapparue du passé il y a peu. Je n’ai aucune idée de la date de ces croquis, mais vous pourrez constater lors de prochaines annexes qu’il y a encore eu du changement.
EDIT : Et voici enfin Loena ! Je remercie ma Yaya d’amour d’être passée préciser que ces versions ont 2 ans, tu vois que tu as de la mémoire

Loena

Nora

Kenji/Suzuki

Anya
De l’autre côté (3 bis)
23 mars 2009
Une Ombre émergea du sol devant eux. Dégainant son arme, Adrian hurla aux filles de reculer derrière lui. Mais avant qu’elles comprennent quoi que ce soit, la créature lança sur eux une sphère noire irradiante, aussitôt aspirée par les bagues du guerrier. Le jeune homme frotta alors sa main sur la lame de son épée, qui se mit à briller de la même lueur noire, et s’élança alors pour l’enfoncer dans le corps de leur ennemi. Puis, rengainant, il saisit Lœna par le bras :
―Vite courez, il faut aller se mettre à l’abri !
Mais Nora restait immobile, les yeux dans le vague et il fallut la gifler pour qu’elle reprenne ses esprits.
―Je… qu’est-ce que c’était ?
―Un soldat de l’autre camp, je vous expliquerai ! Maintenant, à la bâtisse !
Lorsqu’il pénétrèrent dans le bâtiment, ils découvrirent un jeune garçon au sol, inconscient, et secoué de convulsions.
De l’autre côté (3)
17 mars 2009
Suite de ceci : http://lemondedaleos.wordpress.com/2009/02/22/de-lautre-cote-2/
Yshinto les avait entraînés à l’écart de la cité, et ils longeaient le gouffre depuis un bon moment. Anya ne cessait d’ailleurs de se plaindre de ses chevilles qui se tordaient à chacun de ses pas, à force de trébucher.
―Ce sont les racines de l’Arbre de la Connaissance, lui expliqua leur guide. Depuis la scission avec l’autre partie de la terre d’Aléos, toute l’ancienne cité d’Andun Hel n’est portée que par l’Arbre. Et ses racines n’étant plus connectées au coeur de l’univers, il se meurt et emporte le pouvoir des Anciens avec lui… Il reste encore quelques Orbes çà et là, mais leur pouvoir est très atténué, et les Ostriths veillent à ce que personne ne les récupère.
― Les Orbes ? Qu’est-ce que c’est ?
― Ce sont des boules de lumières, les fruits de l’Arbre de la Connaissance en fait. Ils renferment chacun un pouvoir différent, qui est très atténué depuis la Scission.
― Des boules de lumière ???
Anya et Kenji se regardèrent. Tendant chacun la paume de leur main en direction d’Yshinto, ils s’écrièrent d’une seule voix :
― Est-ce que ça fait ça ?
Une lueur étrange passa dans le regard du mercenaire.
― C’est intéressant, comment est-ce arrivé ?
Ils relatèrent chacun leur mésaventure. Bondissant d’excitation, Yshinto sortit un petit livret écorné de sa poche et le parcourut rapidement. Puis il saisit les deux amis par les poignets :
― A l’ouest des remparts, il y a une vieille bâtisse encore debout. Une brèche dans le mur vous permettra d’y entrer. Là-bas, vous serez en sécurité, vous n’aurez qu’à m’y attendre. Je dois vérifier que nous n’avons laissé aucune trace. Et n’oubliez pas d’être les plus discrets et les plus rapides possible !
Cauchemar (1)
8 mars 2009
Suite de ceci : http://lemondedaleos.wordpress.com/2009/02/15/la-cite-des-anciens-2/
Van se perdait dans les ténèbres. Malgré ses efforts pour courir en direction de la lumière, celle-ci lui semblait toujours plus lointaine, à l’inverse des voix qui s’amplifiaient. D’abord de simples murmures, elles étaient devenues un vacarme assourdissant aux oreilles du garçon. A tel point qu’il s’écroula au sol, en larmes.
— Qui êtes-vous ? Pourquoi me faites-vous ça ?
— Rappelle-toi, Van. Rappelle-toi de Joran..
—Joran ? Il est mort… Il est passé de l’autre côté, les Ombres l’ont emmené, je n’ai rien pu faire !
Le visage de son ami dansa un instant devant ses yeux, avant d’être remplacé par un autre.
—Et Julia ? Regarde, Van, regarde comme elle était belle. Regarde-la. Ne veux-tu pas la serrer dans tes bras ?
Face à lui, sa défunte soeur lui souriait, une main tendue vers lui.Il tenta de se redresser pour la saisir, mais ne rencontra que le vide.
—Que lui est-il arrivé, Van ? Pourquoi ne l’as-tu pas sauvée elle non plus ?
—Elle… Il y avait ces voix dans sa tête… Qui lui parlaient de destin du monde, d’anges et de chaos… Des voix oppressantes qui ne se taisaient jamais et… Elle ne les supportait plus, elle…
Il repensait à cette nuit fatale, deux ans plus tôt. Il avait cherché Julia partout dans la grande maison vide. Cela faisait déjà quelques temps qu’ils étaient sans nouvelles de leur père parti au front, le seul qui savait l’apaiser. Il l’avait retrouvée dans le bureau, baignant dans son sang, une lettre d’excuse posée devant elle. “Je te demande pardon, petit frère, mais sans papa je n’y arriverai pas. Sois fort, peut-être que de l’autre côté je retrouverai ceux qui me parlaient et pourrai enfin comprendre.”
—Est-ce que c’est vous ? Est-ce que vous avez fait ça à ma soeur ? Pourquoi ?
—Non, c’est toi, Van. C’est ta faute. Ta venue au monde a fait plonger Aléos dans le chaos. Tu dois rétablir l’ordre. Tu dois nous rejoindre. Laisse-nous t’emmener…
Refusant d’en entendre plus, il se mit à hurler.
Annexes : le début
2 mars 2009
Aujourd’hui, j’inaugure une nouvelle série de posts dans le Monde d’Aléos : les Annexes d’Aléos. Du coup, hop hop hop, aujourd’hui c’est cadeau, deux posts pour le prix d’un, si c’est pas formidable ça ! Dans cette partie, nous nous intéresserons de plus près à tout ce qui f’ait l’univers d’Aléos : géographie, décors, personnages, langages et histoires parallèles.
J’avoue que c’est pour moi quelque chose d’inédit puisque, bien que la trame de la narration est complète, jamais je ne suis allée aussi loin dans le récit et l’exploration de cet univers que j’ai pourtant moi-même bâti. Ne soyez donc pas trop prompts à me méjuger, mais toute critique constructive sera la bienvenue (Fushichô si tu me lis…).
Et pour inaugurer cette section, une petite cartographie d’Aléos, faite par moi-même (donc, ne soyez pas trop méchants).
C’est parti !

Cartographie d'Aléos
Qu’en pensez-vous ?
De l’autre côté (2 bis)
2 mars 2009
Suite de ceci : http://lemondedaleos.wordpress.com/2009/02/01/de-lautre-cote-1-bis/
Adrian marchait devant elles d’un pas pressé. Il était grand, vêtu d’un treillis et de rangers. A sa taille pendait une épée rouillée dont la lame était protégée par une lanière de cuir. De temps à autre, il se retournait vers Nora et Lœna pour leur murmurer des ordres secs : “Pas un bruit !”, “Restez près de moi !”, “Rasez les murs !”. A plusieurs reprises, il les força à se cacher au milieu des ruines. Blotties l’une contre l’autre, elles le regardaient partir en courant et dégainer son arme. A sa main gauche, il portait des bagues en argent reliées entre elles par des chaînes au creux de sa paume. Il avait refusé d’expliquer ce que c’était.
Alors qu’elles avaient l’impression d’être accroupies derrière un mur pour la centième fois, une chose étrange survint : une multitude de petits êtres difformes les encerclèrent en chuchotant dans un langage étrange. Ils agrippèrent Nora en scandant “Anma ! Anma ! Anma ! Anma” et tâchèrent de l’emmener avec eux. C’est le retour d’Adrian qui les fit s’éparpiller dans la nature.
― Saleté d’Ostriths ! Ils vous ont fait du mal ?
― Non, ils voulaient juste emmener Nora, c’était bizarre…
― Qui sont-ils ?
― Les gardiens d’Aléos. Les gardiens de ce monde. Ils étaient censés veiller à ce que le pouvoir des Anciens reste enterré mais… Depuis l’arrivée de cet étrange type, ils sont soumis aux Ombres et laissent le monde s’enfoncer dans le chaos…
― Quel type ?
Adrian sembla émerger de ses pensées :
― Je vous en ai trop dit, oubliez. Nous ne devons pas rester là. Il faut trouver un abri pour la nuit, je connais une vieille bâtisse qui tient encore à peu près debout, allons-y.